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14/06/2024

Mélina, une employée avec "un p'tit truc en plus" !

Anglet : Mélina, l’employée avec « un p’tit truc en plus » de la crèche Pomme d’Api 

 

Jeune trisomique de 26 ans, Mélina travaille au sein de la crèche Pomme d’Api de l’association Missions Père Cestac à Anglet. Elle aime le contact avec les enfants et avec ses collègues qui, elle l’assure, le lui rendent bien !

Depuis le 11 mars dernier, Mélina travaille au sein de la crèche Pomme d’Api, gérée par l’association Missions Père Cestac, dans l’enceinte de la congrégation Notre-Dame-du-Refuge. Elle s’occupe de préparer les plateaux du goûter, du linge, du rangement. Ce qui l’a conduit à avoir au quotidien, des contacts étroits avec les enfants et les puéricultrices. « J’aime les enfants et ils me le rendent bien, dit-elle. Et mes collègues sont super sympas. Ils me considèrent comme une collègue normale. » 

Aujourd’hui âgée de 26 ans, Mélina est atteinte de trisomie. Elle occupe à Anglet son deuxième emploi. Auparavant, elle a travaillé durant trois ans au sein de la crèche Libellule, à Assat, près de Pau. 

Besoin d’authenticité 

« Nous sommes venues à Anglet, car j’ai eu l’opportunité d’avoir un appartement », raconte Noëlle Beausseron, maman de Mélina. « Personnellement, j’occupe un emploi de commerciale qui me permet de choisir mon lieu de vie. Nous avons saisi cette opportunité de venir près de l’océan. » 

Une possibilité d’emploi s’est alors présentée à Pomme d’Api. « Comme à la crèche Libellule, le personnel a été amené à se prononcer sur la venue de Mélina, poursuit sa maman. Deux réticences ont été exprimées. Ce que je comprends, car il y a encore beaucoup de méconnaissance autour des trisomiques. L’éducateur de Mélina est intervenu et tout est entré dans l’ordre. » 

« Accueillir une personne trisomique suppose une implication de tout le monde, notamment des responsables, ajoute Noëlle. La directrice de Pomme d’Api a adapté le poste de Mélina. Je rends vraiment hommage à la crèche. Les employeurs ne doivent pas avoir peur. Les trisomiques ont une intelligence fine et besoin d’authenticité. » 

Danse et dessin 

La jeune fille travaille le lundi toute la journée et les mardi, mercredi et jeudi, de 11 h 30 à 16 h 30. Elle se déplace en bus. « Mélina ne sait pas lire, mais se débrouille très bien avec les chiffres. On communique aussi beaucoup en visio avec nos smartphones. Si elle rencontre une difficulté, il y a toujours quelqu’un pour lui venir en aide. Il y a beaucoup de gens vigilants et bienveillants », ajoute Noëlle. « Face à ce handicap, l’amour et la recherche d’équilibre sont essentiels, car les apprentissages sont plus longs, mais il ne faut pas surprotéger. » 

Un des désirs de Mélina est d’ailleurs de disposer un jour de son propre appartement, pour y vivre avec son inséparable chatte à la robe isabelle, baptisée Sandalette. La jeune fille ne craint pas de se déplacer seule pour aller travailler, ou pour se rendre au centre Gochoa, la plus ancienne des salles de remise en forme d’Anglet où elle pratique la danse qu’elle adore. Elle prend aussi le bus pour aller à Bayonne, pour se rendre à la galerie l’Artsenal à Saint-Esprit afin de suivre des cours de dessin. « J’aimerais aussi chanter dans une chorale et être baptisée », ajoute Mélina. 

Avec Noëlle, elle est allée voir le film d’Artus aux plus de cinq millions d’entrées, « Un P’tit Truc en plus ». « J’ai aimé le film, mais après coup », confie Mélina. « C’est normal, sourit Noëlle. Les trisomiques n’ont pas d’humour au second degré. Mais ils ont vraiment un truc en plus, qui est une force. » 

 

Par Jean-Pierre Tamisier , Sud Oues

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